La réforme des retraites
Etape cruciale du quinquennat, la réforme des retraites a pour enjeu de garantir l’avenir de nos retraites et de celles de nos enfants en sauvant le système par répartition.
Contexte
Dans le système par répartition, ce sont les actifs qui payent directement les pensions des retraités.
Or, l’évolution démographique est telle que aujourd’hui, le ratio du nombre d’actif sur le nombre de retraité ne cesse de baisser (1.8 actif pour 1 retraité actuellement, 1.2 à l’horizon 2050). En effet nous vivons de plus en plus longtemps (l’espérance de vie après le départ à la retraite est aujourd’hui de plus de 20 ans).
Dans une telle situation démographique, le financement des retraites devient de plus en plus critique : 1 retraite sur 6 n’est pas financée actuellement (32 milliards d’euros de déficit), et ce sera 1 sur 10 en 2030 si nous ne faisons rien (100 milliards d’euro de déficit), d’après le Conseil d’Orientation des Retraites.
L’enjeu et donc de sauver notre système de retraite en trouvant une nouvelle solution pour son financement.
Dans cette optique, les mesures phares de la réforme sont :
- Report de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans de manière progressive.
- Report de l’âge de départ pour une retraite à taux plein en cas de cotisation insuffisante de 65 à 67 ans
- Augmentation en 10 ans des cotisations des fonctionnaires de 7.85% à 10.55%.
- La durée de cotisation pour une retraite à taux plein est actuellement de 40.5 ans et aura atteint 41 ans en 2012. Le projet de réforme prévoit de l’allonger à 41 ans et trois mois en 2013
- 4 milliards d’euro apportés par de nouvelles recettes.
La droite
Il faut agir sur l’un ou plusieurs des trois leviers suivants :
- Diminuer le niveau des pensions,
- Augmenter le niveau des cotisations,
- Augmenter la durée d’activité.
Or diminuer le niveau des pensions serait injuste et augmenter le niveau des cotisations pèserait sur notre économie. Le seul levier viable est donc l’augmentation de la durée d’activité.
Pour la majorité, envisager d’autres sources de financement est délicat :
- Une hausse des cotisations pénaliserait la compétitivité du pays et aurait un impact négatif sur l’emploi.
- Penser que taxer massivement « les riches » ou le capital serait une solution est mentir au français : l’impôt sur le revenu rapporte 50 milliards d’euro, la taxation des stocks-options 2 milliards, le bouclier fiscal coûte 600 millions. Augmenter l’impôt sur le revenu de 50%, la taxation sur les stock-options de 100% et supprimer le bouclier fiscal ne permettrait donc pas de combler le seul déficit de 2010.
Ce mardi, le gouvernement a donc annoncé qu’il ne céderait pas sur l’âge légal de départ à la retraite. En revanche, il se dit prêt à négocier avec les syndicats et l’opposition sur les sujets suivants :
- La pénibilité : aujourd’hui la réforme prévoit un maintien du départ à 60 ans dans le cas d’une invalidité physique supérieure ou égale à 10% .
- Les polypensionnés (personnes ayant cotisé sur plusieurs régimes de retraites)
- Les carrières longues : actuellement, les salariés ayant commencé à travailler à 14, 15, 16 ans peuvent partir avant ou à 60 ans. C’est le dispositif « carrière longue ». Ils sont 100 000 à en avoir bénéficié depuis 2005. La réforme prévoit d’étendre le dispositif à ceux qui ont commencé à travailler à 17 ans.
L’opposition
Selon l’opposition, réformer le système de retraite est nécessaire mais cette réforme est injuste et inefficace :
- 92% de l’effort financier porte sur les salariés, pour seulement 8% sur le capital.
- Le report à 62 ans de l’âge légal de départ est injuste car il pénalise les salariés qui ont eu une carrière incomplète (femmes), pénible ou ayant débutée tôt.
- L’effort de financement est jugé insuffisant en prenant l’exemple de 2011 ou seulement 5 milliards d’euros seront dégagés par la réforme (pour 32 milliards de déficit)
- Repousser l’âge de départ à la retraite n’aura qu’un avantage très limité étant donné le faible taux d’emploi des seniors.
Conclusion
Réformer le système de retraite aujourd’hui est une nécessité si l’on veut conserver un système juste.
Personne ne pourra payer nos retraite à notre place, croire qu’une taxation massive du capital apporterait toute la solution est un mensonge basé sur la désignation d’un bouc émissaire : les riches et les banques.
Il est naturel que nous travaillions plus longtemps étant donné la nouvelle donne démographique : je vis plus longtemps donc je travaille plus longtemps si je veux bénéficier d’une retraite complète.
Le gouvernement se montre ouvert en laissant trois sujets ouverts sur la table : la pénibilité, les polypensionnés, et les carrières longues. C’est maintenant à l’opposition et aux syndicats de faire des propositions constructives.
Le gouvernement fait preuve de courage politique en se lançant dans une réforme difficile, ambitieuse, et impopulaire par nature : personne ne peut se réjouir de travailler plus longtemps… mais c’est une nécessité.
Pour plus d’informations, consulter :
- le guide du débat sur les retraites de l’UMP :
http://issuu.com/lemouvementpopulaire/docs/guide_des_debats_sur_les_retraites?mode=embed&layout=http://skin.issuu.com/v/color/layout.xml&backgroundColor=2A5083&showFlipBtn=true
- les propositions des jeunes UMP : http://www.jeunesump.fr/etudes/propositions-retraites2010.pdf